« Le
regard est un choix. Celui qui regarde décide de se fixer sur telle chose et
donc forcément d’exclure de son attention le reste de son champ de vision.
C’est en quoi le regard, qui est l’essence de la vie, est d’abord un refus.
Vivre
signifie refuser. Celui qui accepte tout ne vit pas plus que l’orifice du
lavabo. Pour vivre, il faut être capable de ne plus mettre sur le même plan,
au-dessus de soi, la maman et le plafond. Il faut refuser l’un des deux pour
choisir de s’intéresser soit à la maman soit au plafond. Le seul mauvais choix
est l’absence de choix. », p.17
« J’avais
déjà donné leur nom à quatre personnes ; à chaque fois, cela les rendait
si heureuses que je ne doutais plus de l’importance de la parole : elle
prouvait aux individus qu’ils étaient là. J’en conclus qu’ils n’en étaient pas
sûrs. Ils avaient besoin de moi pour le savoir. », p.42
« La
mots, j’avais examiné la question de près : la mort, c’était le plafond.
Quand on connaît le plafond mieux que soi-même, cela s’appelle la mort. Le plafond
est ce qui empêche les yeux de monter et la pensée de s’élever. », p. 46
« Je
venais d’apprendre cette nouvelle horrible que tout humain apprend un jour ou
l’autre : ce que tu aimes, tu vas le perdre. « Ce qui t’a été donné
te sera repris » : c’est ainsi que je me formulai le désastre qui
allait être le leitmotiv de mon enfance, de mon adolescence et des péripéties
subséquentes. « Ce qui t’a été donné te sera repris » : ta vie
entière sera rythmée par le deuil. (…) Et ce ne sera jamais que le premier
deuil d’une série dont tu n’imagines pas la longueur. Deuil au sens fort, car
tu ne récupèreras rien : on essaiera de te berner comme Dieu berne Job en
lui « rendant une autre femme, une autre demeure et d’autres enfants.
Hélas, tu ne seras pas assez bête pour être dupe. », p. 124.
« La
mémoire est pareille. Ta grand-mère est morte mais le souvenir de ta grand-mère
la rend vivante. Si tu parviens à écrire les merveilles de ton paradis dans la
matière de ton cerveau, tu transporteras dans ta tête sinon leur réalité
miraculeuse, au moins leur puissance. »
« Désormais,
tu ne vivras plus que des sacres. Les moments qui le mériteront seront revêtis
d’un manteau d’hermine et couronnés en la cathédrale de ton crâne. Tes émotions seront tes dynasties. », p.
127
« Il
m’arrive de penser que notre unique spécificité individuelle réside en
ceci : dis-moi ce qui te dégoûte et je te dirai qui tu es. Nos
personnalités sont nulles, nos inclinations plus banales les unes que les
autres. Seules nos répulsions parlent vraiment de nous. »
Parallèle :
quand je demande un abécédaire aux élèves de sixième, leur en demander
deux : l’un pour leurs goûts, l’autre pour leurs dégoûts. (J’adore l’idée)
Autre :
Le fils de l’Homme invisible de
Barléand : il n’aime pas les carottes bouillies et le chou-fleur et c’est
ce qui le traumatise le plus à onze ans.
Moi,
c’était la soupe aux sardines et aux nouilles et le foie de veau. Mais
qu’est-ce que ça change ?
« J’essayais
de ne plus y penser. Hélas, il n’y a pas d’apprentissage plus difficile. Si
nous étions capables de ne plus penser à nos problèmes, nous serions une race
heureuse.
Autant
dire à Blandine, dans son supplice : « Allons, ne pense pas aux
lions, voyons ! », p. 138
« Mais
je persiste à penser que la meilleure raison pour se suicider, c’est la peur de
la mort. »
Zinzolin (ciel), p. 76 : D'un violet rougeâtre et délicat.
« le
Belge anadyomène », p.107
ANADYOMÈNE, adj.
A.
MYTH. [P. allus. à la naissance de Vénus]
Qui sort de l'eau. Vénus anadyomène :
A.
J. LEMAÎTRE, Les Contemporains, 1885, p. 132.
T. DE BANVILLE, Les Cariatides, Clymène, 1842, p. 110.
B.
Littér., rare. Qui appartient à Vénus anadyomène
ou y fait penser :
Ch. MAURRAS, Le Chemin de Paradis, 1894, p. 207.
Ô pèlerin unique en marche vers la mer!
Étoile du matin dans le soir reviviante!
Astre anadyomène au fond du jardin vert!
P. CLAUDEL, Poésies diverses, Chant à 5 heures, 1952, p. 8.
Prononc. : []. LAND. 1834
et LITTRÉ transcrivent la 3e syllabe du mot avec
diérèse : -di-o-.
Étymol. ET HIST. 1. 1751 subst. hist. anc. « nom d'une œuvre d'art célèbre » (Encyclop. t. 1, p. 397 : Anadyomène. Nom d'un tableau de Venus sortant des eaux, peint par Apelle, & qu'Auguste fit placer dans le temple de César son père adoptif); 2. 1803 myth. (BOISTE : Anadiomène. Vénus marine); 1808 adj. désignant Vénus (ID. : Anadyomène, adj. (Vénus-) sortant des eaux; sentant l'écume); 3. 1823 bot. (BOISTE, Nomenclature d'hist. naturelle et suppl. de méd. : Anadiomène, s.f. polypier).
Empr. au lat. anadyomene, subst., qui désignait la Vénus peinte par Apelle, attesté dep. PLINE (Hist. Naturelle, 35, 87, 91 ds TLL s.v., 14, 41), du gr. attesté pour désigner Vénus sortant de l'eau : dep. STRABON (14, 2, 19, éd. Kramer ds BAILLY). part. prés. de « sortir du fond (de la mer) » (en parlant du soleil levant).
STAT. Fréq. abs. litt. : 13.
BBG. BOISS.8. BOUILLET 1859. PRIVAT-FOC. 1870. TIMM. 1892.
Étymol. ET HIST. 1. 1751 subst. hist. anc. « nom d'une œuvre d'art célèbre » (Encyclop. t. 1, p. 397 : Anadyomène. Nom d'un tableau de Venus sortant des eaux, peint par Apelle, & qu'Auguste fit placer dans le temple de César son père adoptif); 2. 1803 myth. (BOISTE : Anadiomène. Vénus marine); 1808 adj. désignant Vénus (ID. : Anadyomène, adj. (Vénus-) sortant des eaux; sentant l'écume); 3. 1823 bot. (BOISTE, Nomenclature d'hist. naturelle et suppl. de méd. : Anadiomène, s.f. polypier).
Empr. au lat. anadyomene, subst., qui désignait la Vénus peinte par Apelle, attesté dep. PLINE (Hist. Naturelle, 35, 87, 91 ds TLL s.v., 14, 41), du gr. attesté pour désigner Vénus sortant de l'eau : dep. STRABON (14, 2, 19, éd. Kramer ds BAILLY). part. prés. de « sortir du fond (de la mer) » (en parlant du soleil levant).
STAT. Fréq. abs. litt. : 13.
BBG. BOISS.8. BOUILLET 1859. PRIVAT-FOC. 1870. TIMM. 1892.
« Je
demandai à Nishio-san de lui préparer son plat préféré : elle prépara un
chawan mushi sublime qui fut mangé du bout de lèvres et commenté de
silence. », p. 63
Wikipédia :
Le chawanmushi (茶碗蒸し?),
littéralement le bol à thé (茶碗, chawan?) à
la vapeur (蒸し, mushi?), est un flan aux
œufs de la cuisine japonaise qui a entre autres pour ingrédient peu commun la graine du ginkgo.
Il est généralement décliné en de
multiples variations dans ses ingrédients ainsi que dans le bouillon utilisé.
Cette recette peut être facilement adaptée aux goûts de chacun.